Bayeux

Poppa

Selon Dudon de Saint-Quentin, Rollon aurait épousé Poppa après l’avoir enlevée au cours du raid contre Bayeux. Celle-ci aurait été la fille de Bérenger, sans doute comte du Bessin. Néanmoins, les Annales de Jumièges font de Poppa la fille du comte de Senlis. Une autre version suppose qu’elle serait bien la fille de Bérenger mais la belle-fille du comte de Senlis suite au deuxième mariage de sa mère. Elle appartient quoiqu’il en soit à la haute aristocratie franque. Cette union permet à Rollon de nouer des liens avec l’aristocratie neustrienne.

Rollon a épousé Poppa « more danico », c’est-à-dire, à la mode danoise. Il s’agit d’une cohabitation reconnue comme un mariage légal par le droit scandinave. Poppa n’est de fait pas l’épouse de Rollon, mais sa concubine, ou frilla. Néanmoins, ce statut d’épouse non officielle, n’a pas entravé la succession des premiers ducs de Normandie. En effet, Guillaume longue épée, fils de Rollon et Poppa a pu succéder à son père. De même que Richard Ier et Richard II, ou encore Guillaume le Conquérant, tous trois sont également issus d’unions non légitimes. Richard Ier eut plusieurs concubines, dont la principale était Gonnor (leur union a sans doute été officialisée par la suite), mère de Richard II, ensemble ils ont également eut d’autres enfants dont la légitimité n’a pas été remise en cause, y compris par l’aristocratie franque qui les as reconnu et leur a même accordé des mariages prestigieux. Les enfants de Richard Ier issus de ces autres concubinages ont également été traités comme les égaux des enfants de Gonnor. Néanmoins pour ce qui concerne Guillaume le Conquérant, son statut de « bâtard » a été moins bien accepté de l’aristocratie locale en raison des changements de mentalité survenus depuis les règnes de Rollon et de Richard Ier. En effet, les mariages chrétiens étaient devenus la norme, ainsi que le concept de la légitimité dans la succession.

 

Le mariage de Rollon et Poppa

Contrairement à l’idée souvent admise, les femmes scandinaves ne sont pas l’égales de leurs maris, elles leurs sont inférieures juridiquement et politiquement. Sauf cas particuliers, elles ne peuvent hériter. Les femmes sont en réalité sous l’autorité d’un homme tout au long de leur vie. Les mariages sont arrangés, il s’agit d’accords patrimoniaux entre deux familles, le terme scandinave pour désigner le mariage est brúðkaup, c’est-à-dire « achat de la mariée ». Le consentement de la mariée n’est pas obligatoire. La femme apporte une dot « heimanfylgda » et le mari un douaire « mundr ». Une fois mariée, les tâches quotidiennes de l’épouse comprennent : les tâches domestiques, l’éducation des enfants, une contribution pour les travaux des champs, le tissage, etc. L’adultère de l’épouse est considéré comme un délit grave. Elle peut néanmoins divorcer si son mari est impuissant, insultant ou violent. L’épouse risque alors la vengeance de sa belle-famille qui peut se sentir insultée. Le mari est également autorisé à avoir des concubines, frilla, qui ne peuvent néanmoins pas supplanter l’autorité de l’épouse.

Cependant, la femme à l’autorité absolue sur la maison et la maisonnée, toute la famille dépend d’elle, elle est chargée de détenir les traditions, la mémoire des ancêtres de la famille et de la transmettre. Elle a pu être assimilée à la Déesse-Mère, première divinité honorée par les Scandinaves. Les épouses étaient également chargées de s’occuper des terres et de toute l’exploitation pendant l’absence des maris partis en expédition. Sans parler d’égalitarisme, les hommes et les femmes scandinaves avaient en réalité des rôles complémentaires. Selon Régis Boyer, la femme « était le gage de solidité de cette société, l’éducatrice, la gardienne de l’esprit et des traditions » Régis Boyer, Les Vikings, etc, p. 270.



Arrivée au musée de la tapisserie de Bayeux de Lionel Rivoire accompagné par Loic Jamin, maire adjoint de Bayeux.

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